Quelques minutes de métro ...
et vous voilà à la Médiathèque José Cabanis
dans le Grand Auditorium
« Les
journaux, la
radio, la télé, le multimédia
et la démocratie participative »
jeudi 13 Décembre 2007 à 18h30, Auditorium de la Médiathèque
Le Club Audiovisuel et Multimédia du Grand Toulouse vous propose dans le cadre de ses conférences publiques une réflexion sur le rôle de la radio, de la télé, des médias en général vers une démocratie participative.
Le schéma classique d'une démocratie consiste à élire des représentants qui se constituent en assemblée capable de voter des lois, de prendre des décisions en matière d'infrastructures, de réglementation, d'économie, de défense, d'éducation … L'assemblée est souveraine et le citoyen n'a en principe plus à intervenir. c'est la démocratie représentative.
Parfois ce schéma peut conduire à des situations difficiles si les décisions de l'assemblée sont en totale opposition avec l’opinion du moment. D’où l’idée de « prendre la température » avant de voter une nouvelle loi. On voit alors les enquêtes et les sondages se multiplier. Quelle est la validité de ces sondages ? Il existera toujours un biais dans ce type de mesure. Ne peut-on pas faire fonctionner la démocratie avec des méthodes plus justes ?
Un système égalitaire consisterait à faire participer tous les citoyens aux décisions par un vote. Certaines sociétés ont fonctionné sur ce principe de démocratie directe. Mais la lourdeur d'un tel système est évidente.
On se prend à rêver alors d'un système où chaque citoyen, à l'écoute de l'assemblée élue pourrait donner son avis directement sans mettre en œuvre une mécanique lourde de type 'référendum'. Mieux encore ; le candidat placé en position d’écoute construirait son programme à partir de ce retour populaire d’information. Une démocratie participative intégrale !
Chaque méthode a son intérêt et ses limites que nous tenterons de mettre en évidence. Nous analyserons les moyens de l’audiovisuel capables d’apporter des solutions susceptibles de favoriser la démocratie participative car nous sommes convaincus que les médias, (journaux, radios, télévision, informatique domestique couplé au réseau internet) sont en mesure d’offrir cet instrument pour plus de démocratie ? C’est cette question qui sera au cœur de notre débat le 13 décembre prochain.
Niveau de fréquentation : moyen l'auditorium était rempli à environ 50%
De plus nous avons eu des défections de dernière minute parmi les intervenants.
Présents :
Absents
Donc nous avons perdu le point de vue de France 3 Sud, de la télévision sur internet, et le point de vue de l'homme de radio.
Heureusement André Bourricaud a pris le relais pour introduire après avoir remercié les auditeurs présents, présenté le club il a repris les définitions de 'Démocratie', 'démocratie directe', 'démocratie représentative' et 'démocratie participative'.
André Bourricaud, président délégué du club présente ses invités
On a découvert un nombre important d'exemple de démocratie participative dans notre pays, puis dans le monde. On a ensuite sérié les inconvénients majeurs que peut entraîner ce type de démocratie.
Le terme de démocratie participative est souvent invoqué pour désigner des réalités extrêmement variées, et tend à devenir un simple outil rhétorique, masquant une vacuité du discours politique.
L'élaboration d'une procédure participative, en associant le plus de citoyens possible à la prise de décision, atomise celle-ci. Cela, à un certain degré, crée une infinité de pôles de décision et peut annuler la possibilité même d'une prise de décision effective.
In fine, le pouvoir risque de revenir à l'instance qui a initié la procédure à savoir, le plus souvent, le pouvoir politique traditionnel en mal de reconnaissance.
Dans la procédure participative, il est difficile de savoir si l'avis des personnes concernées est basé sur des considérations objectives, ou si elles agissent seulement pour défendre leurs intérêts personnels.
De plus la véracité des informations qui ont servi de base à l'argumentation des individus ne peut être aisément établi dans le processus participatif.
Aussi, l'implication excessive de parties prenantes de type ONG, dans une procédure de démocratie participative peut cacher une influence indirecte d'organisations internationales, et conduire à un affaiblissement des processus décisionnels liés à la souveraineté, et à une diminution de l'autorité de l'État et des acteurs régionaux.
Dans une certaine mesure, la démocratie participative est parfois associée au populisme : c'est un appel au peuple, sans les médiations offertes par la démocratie représentative (parlement, élections, vote).
C’est une pratique ancienne des plus caractéristiques de la démocratie directe (dans les institutions de la démocratie athénienne, les représentants sont désignés par tirage au sort et non élus) L'usage politique du tirage au sort est fortement lié à la démocratie participative. Cette pratique est appliqué dans certaines présélections de personnel politique au Québec.ØCertaines municipalités françaises ont constitué un groupe de citoyens tirés au sort pour formuler un avis argumenté sur une question locale.
Le tirage au sort contrairement au suffrage électoral : représente également tous les groupes sociaux, et évite la sureprésentation des plus riches, des plus cultivés ou des plus actifs.
évite la formation d'une couche dirigeante de professionnels de la politique et d'hommes d'appareils (plus de carriérisme politique)- évite en particulier le cumul et la reconduction des mandats qui figent le personnel politique, lequel perd contact avec la vie courante des citoyens, n'étant pas contraint à mettre directement et quotidiennement, comme dit l'expression, "les mains dans le cambouis".
On liste ensuite de nombreuses structures fonctionnant sur cette base : les sondages, les enquêtes d'utilité publique, les conseils de quartiers, les états généraux de ..., les conseils d'enfants et de jeunes, le parlement des enfants, les conférences de consensus, comités de lignes de transports, dans les services publics, les comités de parents, conseil de copropriété, démocratie comme à Porto Alègre, au Vénézuela, la Suisse., le nouveau traité européen.
La e-démocratie a été évoquée comme un chemin incontournable aujourd'hui soulignée par quelques coupures de presse.




La fracture numérique et l'illettrisme numérique ont été également évoqués.
Chantal Delmont a ensuite présenté un montage INA d'une vingtaine de minutes montrant le souci constant depuis les début de la télévision de faire participer le public aux problèmes nationaux.
Chantal Delmont, documentaliste à l'INA
Philippe Meynard a présenté ensuite l'expérience barsacaise de son site communal très interactif que nous vous recommandons :


Le maire de Barsac nous a montré les séances de conseils municipaux filmés en direct et diffusés sur internet. A l'évidence, le fait d'être directement filmés sans une seconde soustraite change complètement l'attitude des conseillers et a une influence nette sur la prise en compte des décisions municipales par les citoyens. Son expérience a beaucoup intéressé le public qui a posé de nombreuses questions parfois très vives.
Philippe Meynard, maire de Barsac
La mairie de Barsac
Le débat était enfin lancé. Les interventions de Pierre Esplugas, de Maître Stanley Claisse, de Sébastien Marti (La Dépêche du Midi) ont animé la discussion avec le public.
Pierre Esplugas, journaliste politique très convaincant !
Maître Stanley Claisse
Sébastien Marti, la Dépêche du Midi
Mais notre créneau horaire arrivait à son terme et il restait encore beaucoup à dire sur la question des médias face à la démocratie participative'. 2 heures décidemment trop courtes !
Nous comptons sur votre participation à
notre prochaine conférence sur la télé-réalité
le 20 MARS 2008 à 18h30
Auditorium de la Médiathèque