Un plateau exceptionnel était réuni pour parler de l'avenir des la presse quotidienne régionale, des radios et télés régionales, et des news sur Internet.
André Bourricaud, président du club, introduit la soirée en présentant le club et son objectif. Il en profite pour lancer un appel aux nouveaux adhérents en rappelant que les frais très réduits mais cependant auxquels nous devons faire face doivent être couverts par nos cotisations (20 €/an). Il résume la genèse du thème de cette conférence choisi il y a un an en réunion annuelle du bureau et il n'imaginait pas que cette question se poserait aujourd'hui avec une telle acuité. Constatant l'absence à ce débat de la Dépêche du Midi, pourtant sollicitée à de multiples reprises et excusant l'absence de Laurent Mazurier pour cause d'émission politique à 20h30 sur les européennes du 7 juin, il nous a communiqué le texte que ce dernier lui a confié, contenant les idées qu'il aurait aimé développer devant ses confrères et devant le public du club. Texte que nous vous proposons ci-dessous :
Dans le même temps, Internet est devenu un objectif stratégique. Nos sites sont en plein développement. qu’il s’agisse de sites classiques (sud.france3.fr) ou de services plus sophistiqués (tels culturebox ou infoplayer).
Les défis du modèle Média Global
1 Réussir la réorganisation de France Télévisions : transformation juridique, économique et sociale
2 Faire évoluer nos métiers en intégrant de nouvelles pratiques, de nouveaux supports
3 Démontrer que l'on peut occuper d'autres écrans que les téléviseurs : première révolution audiovisuelle depuis le temps des pionniers du tube cathodique"
Ensuite, il a évoqué l'excellent éditorial de Christophe Barbier de l'Express du 21 mai 2009 que nous vous recommandons de lire en cliquant sur le lien : 'Le cheval et les chiens' Cet éditorial met en évidence le conflit classique entre les tenants d'un système bien installé et le progrès en matière artistique. Mais on peut généraliser cette attitude profondément humaine et l'appliquer tout particulièrement à l'évolution de la presse face aux nouveaux supports de diffusion.
Isabelle Cargol a ensuite pris le relais pour présenter les personnalités présentes :

Serge Regourd, professeur à l'université des Sciences sociales et Franck Demay, Directeur Général de TLT

Frédéric COURTINE, Directeur Général MédiaMeeting, Toulouse FM et Jean-Christophe TORTORA, Directeur OBJECTIFnews

Jean-Christophe TORTORA, Directeur d'OBJECTIFnews

Frédéric DESSORT, rédacteur en chef MID e News, Sylviane Baudois, Président de l'Association de Journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées, le Professeur Serge Regourd

La tribune sous le regard attentif d'Isabelle Cargol, directrice de publication LISART
Après cette présentation des participants, Serge Regourd brosse un tableau introductif de l'état de la presse en France. Il constate
- l'affaiblissement actuel de la presse écrite, en
particulier de la presse nationale, en termes de diffusion
- que les dispositifs anti-concentration ont été évacués
pour aller vers une concentration des opérateurs
- que la France est toujours dans l'incapacité de penser l'audiovisuel en termes de
décentralisation.
- France 3 par exemple n'est pas réellement une télévision
régionale
- l'entreprise unique résultant de la dernière loi sur la télévision
publique, avec un risque de guichet unique aggrave cette
logique centraliste
Il constate que les chaînes locales sont fortes là où le câble est présent en raison de l'aide apportée par les collectivités locales. Ailleurs on constate que les initiatives locales abandonnées au marché font naufrage (cf TLT).
Les données conjoncturelles telles que la montée en puissance d'Internet, de la TNT (M6 ferme), les gratuits ... bousculent fortement le modèle traditionnel.
Mais il rappelle que les Cassandres une fois de plus se trompent et il vaut mieux raisonner en logique de complémentarité. La télé n'a pas tué le cinéma, la radio n'a pas tué le téléphone. Il faut trouver ce fameux nouveau modèle qui assurera un équilibre harmonieux !
Franck Demay continue le débat en exposant la situation financière difficile de TLT, situation que l'on peut étendre à la plupart de télés locales. Personne n'a la solution mais il est prêt à faire de la résistance pour sauver l'activité de cette télévision toulousaine par excellence. Il n'y a pas de modèle de télé locale. Ces télévisons ne peuvent exister sans volonté politique locale et sans financement local. Il évoque certains choix privilégiant le "cross-médias" où tout lemonde fait de tout mais on se retrouve toujours sur un seul marché au final.
Frédéric Courtine reprend la parole pour exposer son projet de radios locales qu'il vient de défendre au CSA le matin même avec sa présidente Anne-Marie de Couvreur-Mondet qui nous a fait l'honneur d'être présente à ce débat. Pour découvrir les diapos PowerPoint de sa présentation, cliquez sur le lien suivant : Les radios à Toulouse On perçoit complètement son enthousiasme pour la radio qui est loin d'être démodée et qui va prendre un essort très important avec la transformation des émissions analogique sur les fréquences FM en émissions numériques. On assistera alors à la même révolution que lors de la mise en place de la TNT pour la télévision. On pourra alors écouter avec un confort parfait plus de 50 stations numérique et ceci dans un avenir proche.
Jean-Christophe TORTORA poursuit l'analyse pour parler de son expérience récente, OBJECTIF news. Il rappelle qu'a contrario des radios ou télés, il n'a pas besoin de l'autorisation du CSA pour ouvrir un journal. Son principe de base : aller à la rencontre d'un public, d'une audience. Si cette axiome n'est pas réalisé, alors quel que soit le projet, il a très peu de chances d'aboutir. Il faut avoir un contrat éditorial motivé par l'information de proximité parfaitement clair et lisible pour le public.
Il constate que la TNT est une offre nouvelle élargie mais il est très attaché à TLT mais aujourd'hui encore, la solution m'émerge pas. Il rappelle ses journaux et leur cible:
- Toulouse MAG destiné aux nouveaux toulousains
- OBJECTIF news, média global de l'économie régionale
Il insiste sur sa méthode: définir une cible et aller à sa rencontre en l'invitant à des débats, en ayant un maximum de contacts directs.
Internet est incontournable, c'est une chance pour développer la notoriété mais ne se monétise pas. La pub n'est pas assez valorisante et les efforts de mise en ligne ne sont pas équilibrés financièrement. Internet est indispensable mais est aussi un échec économique !
On se pose alors quelques questions sur la crise des médias et la crise du contenu, sur la course avec le temps et sur la nécessité d'occuper le terrain avant tout.
Pour la publicité, Frédéric Dessort fait remarquer que le seul journal qui gagne de l'argent, où les journalistes sont les mieux payés, c'est le seul journal sans publicité : le Canard Enchaîné !
Sylviane Baudois intervient ensuite pour rappeler que, le lectorat des quotidiens, en particulier pour le Dépêche du Midi, est un lectorat vieillissant qui ne se renouvellera pas, les jeunes ne s'abonnent plus, les nouveaux arrivants, nombreux à Toulouse, ne sont pas satisfaits par cette presse locale qui ne sait pas les intéresser. Va-t-on sauver la presse écrite par Internet ?
Elle signale également le prix de l'abonnement qui lui paraît excessif. Le réseau de distribution est obsolète et trop lent.
Les gratuits directement sensibles à la manne publicitaire commencent à avoir de sérieux problèmes quand elle commence à faillir.
Elle note la disparition progressive de la presse papier aux U.S. Certains journaux n'éditent plus qu'une fois par semaine sur papier, les autres jours, on édite en ligne sur Internet.
Plutôt que faire de la résistance, il vaut mieux accompagner l'évolution pour que la presse écrite subsiste.
L'information gratuite est un leurre ! Il faut maintenir une information de qualité mais cette information a un coût !
Le vice président de l'AJT, rédacteur en chef de MID e-news, Frédéric Dessort pense qu'il n'y a pas de médias se substituant. Internet est le médium commun où l'on trouve les médias d'information et les autres. Ce qui crée souvent la confusion et la concurrence. Les bons modèles MID e-news édité par la Mêlée Numérique fait de l'info, reçoit de la publicité en complément et est rentable !
Nous avons achevé ce débat par des questions posées par le public et pour se détendre, nous avons projeté un florilège préparé par l'INA que nous remercions, des début de la télévision régionale en Midi-Pyrénées fort drôle et sensible à la fois.
En conclusion, nous observons que la presse régionale est en complète recherche d'une modèle viable et solide. Les nouvelles technologies sont encore trop récentes pour que l'on puisse prétendre commencer à cerner ce modèle. Il faut être avant tout vigilant au métier du journaliste, respecter les fondamentaux, respecter le lecteur. C'est avec cet argument de fond que notre débat s'est achevé.